
L’accouchement est dit prématuré, lorsqu’il survient avant 37SA (semaines d’aménorrhées).
On parle de « prématurité » de 33SA à 37SA et de « grande prématurité » de 26SA à 32SA.
Avant 37SA, les organes du fœtus ne sont pas encore tout à fait matures, c’est-à-dire capables de fonctionner correctement, en dehors de l’utérus. C’est le cas, en particulier, des poumons, responsables de la respiration, fonction indispensable au bébé, lorsqu’il naît.
Les progrès de la médecine néonatale permettent aujourd’hui la survie d’un grand nombre de nouveau-nés prématurés.
Pris en charge dans une unité de néonatalogie, ils bénéficient d’une assistance respiratoire, notamment, et de soins spécifiques, prodigués par une équipe spécialisée dans ce domaine (pédiatre, infirmières…etc.…)
A Maurice, 12% des naissances sont prématurées.
Ce taux a augmenté depuis quelques années, à travers le monde, en partie, à cause d’un taux plus élevé de naissances multiples (une grossesse de jumeaux ou de triplés présente plus de risque d’accouchement prématuré), ceci souvent lié aux nouveaux traitements contre la stérilité (fécondation in vitro, implantation de plusieurs embryons à la fois pour augmenter les chances d’une grossesse).
Toutefois, bien conscients, que les progrès de la médecine ont leurs limites, et que nous ne connaissons et ne maîtrisons pas encore les conséquences à moyen/long terme d’une naissance prématurée, l’enjeu aujourd’hui pour la médecine est de prévenir cette prématurité.
Pour cela, la médecine a orienté ses recherches, vers les causes d’un accouchement prématuré, qui malheureusement sont multiples et peu spécifiques.
Dans son suivi, le gynécologue s’intéressera donc à dépister d’éventuelles infections ou à mesurer à l’échographie, la longueur du col de l’utérus, s’il suspecte une menace d’accouchement prématuré.
Lorsque le gynécologue suspecte une vraie menace d’accouchement prématuré, il peut également prescrire une injection de corticoïdes à la future maman. Ces corticoïdes ont pour but d’accélérer la maturation pulmonaire du fœtus, ce qui lui permettra une meilleure adaptation, sur le plan respiratoire, s’il devait naître plus tôt.
A travers la préparation à l’accouchement, les couples sont également mieux informés sur la prématurité, ses conséquences et comment la prévenir (repos, suivi gynécologique régulier, préparation à la naissance…).
A Maurice, 2 hôpitaux bénéficient d’unités de néonatalogie fonctionnelles, bénéficiant d’une équipe spécialisée et expérimentée dans ce domaine :
L’hôpital du Nord SSR.
L’hôpital Candos.
Bienfaits de l’allaitement maternel chez le nouveau-né prématuré :
Les mères de bébés prématurés devraient être encouragées à allaiter leur enfant. Bien que le nouveau-né prématuré, surtout lorsqu’il s’agit d’une grande prématurité (En dessous de 32SA), ne soit pas capable de téter directement au sein, pour stimuler la production de lait, la mère devrait être encouragée à tirer son lait, dès la naissance de son bébé.
Au moment où celui-ci aura assez de forces et de maturité digestive, pour s’alimenter, le lait maternel sera alors le lait le plus adapté à ses besoins et le plus digeste, caractéristique primordiale, pour un bébé dont les organes ne sont pas encore tout à fait matures.
De plus, l’allaitement maternel permet de préserver ce lien entre la mère et l’enfant, souvent perturbé par une prise en charge hyper-médicalisée, bien qu’elle soit nécessaire.
La méthode KANGOUROU ?
La méthode dite « Kangourou » est une méthode, qui a vu le jour en Colombie en 1979, mise en place par le Dr Gomez.
Elle a été reprise, en partie, par la suite, dans les années 80, en France et à travers le monde.
Elle est basée sur le principe de non-séparation de la mère et de l’enfant, comme élément favorisant le développement de la maturité du bébé prématuré.
Par exemple, la mère ainsi que le père sont invités à porter contre eux leur bébé en peau à peau, pendant un temps limité mais quotidiennement et à condition que l’enfant soit stable au niveau de ses fonctions vitales. Ils participent également aux soins de base de leur bébé (bain, change), sous la tutelle du personnel soignant.
L’incubateur est placé directement dans la chambre de la mère, restée sur place.
Cette méthode favorise l’allaitement maternel et de part leur participation, les parents se sentent plus en confiance, notamment lors du retour à la maison.
Cette méthode nécessite une organisation spécifique des unités de néonatalogie, mais elle offre de très bons résultats, concernant le pronostic du nouveau-né prématuré.
Cette méthode n’est pourtant pas encore appliquée dans les hôpitaux à Maurice, elle nécessite, en effet, un certain de moyens matériels (incubateur, personnel soignant…) ainsi que la disponibilité des parents (congé de maternité et de paternité…).